Boardwalk Empire, une fresque historique en direct sur ton écran.
« Ça fait bientôt 10 minutes que je comate sur le titre de mon article, 10 minutes que je cherche des adjectifs adéquats pour qualifier cette série: Boardwalk Empire.
Retour en arrière et explication(s). »
La chaine américaine HBO reste depuis un certain temps une valeur sure du divertissement outre atlantique avec des séries comme True Blood, Games Of Thrones, Band Of Brothers, The Pacific, Entourage, Bored To Death et j’en passe des meilleures.
Que ce soit des séries comiques, dramatiques, épiques, fantastiques ou historiques, la recette HBO reste la même : des gros budgets, des acteurs plus que convaincants, des guests aguerries et bien entendu une équipe technique hors du commun.
On a pu voir une centaine de guests plus que potables défiler lors des 8 saisons d’Entourage ( Scarlett Johansson, Jessica Alba, Mandy Moore, Lamar Odom, U2, James Cameron, Peter Jackson, DJ AM, Snoop Dogg, T.I, Martin Scorsese…) associés à des créateurs en symbiose ( Tom Hanks et Steven Spielberg ) venus nous pondre deux minies séries qui pourraient faire passer Il faut sauver le soldat Ryan pour un film quelconque : The Pacific et Band Of Brothers, ou encore des comédiens qui crèvent l’écran dans Bored To Death ( spécialement Jason Schwartzman et Zach Galifianakis ).
Bref vous l’aurez compris, HBO c’est un ogre insatiable.
Mais lorsque les « petits concurrents » comme AMC ou Showtime ont sorti à leur tour la grosse artillerie avec Mad Men, Breaking Bad ou encore The Shield, HBO se devait de réagir.
Imaginez Mark Wahlberg cherchant à produire une nouvelle série après la suite ( et fin ) de son premier bébé Entourage. L’homme ayant des connaissances plus que fructueuses, il s’en va voir son pote Martin Scorsese pour lui demander si le bougre n’a pas un projet sous la main.
Bingo, l’adaptation d’un roman de Nelson Johnson intitulé Boardwalk Empire: The Birth, High Times and the Corruption of Atlantic City, une série au format de 50 minutes pour 12 épisodes par saison ( une saison diffusée, la seconde en cours et une troisième en production).
Ce qu’il faut savoir lorsque Martin Scorsese et Mark Wahlberg décide de faire quelque chose ensemble, c’est que ça ne rigole généralement à aucun niveau, on a pu d’ailleurs le voir avec Les Infiltrés ( 4 oscars en 2006 ).
Alors prenons le plus gros budget de l’histoire pour une série, des décors au réalisme incomparable, un réalisateur déjà doué (Tim Van Patten avec Band Of Brothers et Games Of Thrones à l’appui ) et le scénariste d’une série culte : Les Soprano ( Terence Winter ).
Regardons maintenant la liste des acteurs:
- Steve Buscemi ( Big Fish, Cofee and Cigarettes, Armageddon, The big Lebowski, Pulp Fiction, Reservoir Dogs ).
- Michael Pitt ( Funny Games US ).
- Stephen Graham ( Public Enemies, Snatch, This Is England, Gangs Of New York ).
- Michael Shannon II ( Les Noces Rebelles, Word Trade Center, 8 mile, Pearl Harbor ).
Inutile de discuter de la qualité du travail de ces comédiens, le style est proche de la perfection.
Penchons nous maintenant sur le contexte et le scénario de cette série.
Outre un contexte quelque peu banal ( les films et séries sur la mafia se comptent par centaine ), Scorsese et son équipe nous propose de revisiter une époque clé de l’Histoire des États-Unis à savoir le début de la prohibition ( 1920 ) et par conséquent, le début de l’un des plus grand trafic d’alcool jamais organisé.
A la manière de Sergio Léone pour Il était une fois en Amérique, les créateurs font défiler une fresque historique, une peinture aux couleurs justes et agréables, un cocktail qui nous laisse hors d’haleine, une cohérence limpide et ultra efficace.

Toutefois la série à ses débuts ne trouve pas l’engouement espéré par la chaine, les spectateurs se plaignant de la lenteur du scénario, et comparant trop rapidement la série à Mad Men ou encore Breaking Bad, malgré la critique unanimement positive de la presse américaine.
Certes, on y retrouve le même choix d’esthétisme dans la manière et les différentes façon de filmer; les plans sont lents, très axès sur la beauté des décors et sur l’ambiance pesante qui règne à travers certains détails. Mais l’action y est différente, ni un portrait nostalgique d’un publicitaire de la fin des années 50 ni le profil psychologique d’un homme malade et fabricant de méthamphétamines.
On nous montre ici la noirceur de l’époque, les conditions de vie des américains moyens et la complexité de cette période charnière qui est la prohibition.
Ils auraient pu tirer superficiellement le portrait d’un seul personnage au dépend des autres, mais chaque protagoniste à un rôle des plus prépondérant, c’est cette cohérence qui fait pour moi la force de cette série.
De plus en plus adulé et reconnu dans le monde entier, Boardwalk Empire reste difficile à déchiffrer, tant par son aspect esthétique que par la dimension psychologique, politique, sentimentale et historique de ses personnages.
Une série (déjà ?) culte.


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