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Cultiz.com | June 20, 2013

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C’est quoi un hipster?

C’est quoi un hipster?
Guilhem Fnys

Débrouillez vous pour trouver la veste que portait Renaud pour son premier Olympia, faites vous pousser la moustache de Georges Brassens et portez un pantalon coupe bee-gees. Vous serez assez old school et surement assez rebelle pour être un hipster !

 

Qu’est ce qu’un hipster ?

Le hipster vient des années 40 ! Le terme « hipster » désignait les fans de la scène montante du jazz. Des jeunes qui vivaient différemment, qui se distinguaient et affichaient sans rancune leurs goûts différents, à moins que ce ne soit leur goût pour la différence.

Etymologiquement, plusieurs théories s’affrontent quant à l’origine du terme. Certains confèrent l’origine du mot comme un dérivé de « hop » qui à l’époque était un synonyme employé pour l’opium. D’autres le rattachent au mot « hipi » d’origine africaine qui signifie « to open one’s eyes ». De l’opium pour ouvrir les yeux des gens… C’était dans les années 40.

Aujourd’hui, ces fétichistes de l’authentique ouvrent peut-être moins les yeux des gens qu’autrefois. Et c’est pourquoi beaucoup de sociologues critiquent le mouvement hipster le qualifiant de « faussement indépendant et alternatif ». En effet, être labellisé comme alternatif, ce n’est finalement plus être « libre » et indépendant. Le label de « hipster » a-t-il détruit une mouvance qui s’annonçait libertaire ?

À quoi ressemble un hipster ?

Un look étrangement vintage tout en restant très trendy, c’est la base pour tout hipster qui se respecte. Faut-il s’habiller dans un vide grenier pour être hipster ? Pas exactement. Le hipster se veut différent et prétend emmerder la mode. Mais remerciez les tout de même d’avoir transformé de soi-disant friperies vintage en remake de la mode avec 20 ans de moins mais 50 euros de plus.

Le hipster sort du lot par son look, sa démarche, cette espèce de fierté « je suis à la mode sans être un mouton ». Les quartiers est de Londres ou de Berlin sont pourtant les fiefs du hipster et une fois là-bas, ce dernier se fond dans une masse de « semblables ». Vraiment underground le hipster?

À première vue le mouvement pourrait paraître rebelle. L’appropriation de tous les objets de la génération papa et maman post soixante-huitarde. Quelques vinyles, appareils photo argentiques ou encore une musique « décalée » qui fait souvent ressortir un beat synthé digne des tubes les plus ringards des 80s.

"Hipsters" à Brick Lane - QG des hipsters londoniens (photo: Victor Magimel)

 

Pourtant, bien que le hipster cherche à se démarquer, la plupart du temps ses idées sont plutôt dans l’ère du temps.

Par son style vestimentaire, le hipster s’affirme, se distingue et semble hors du temps. Une chose louable et remarquable mais qui (malheureusement ?) ne se vérifie que sur cet aspect là. Les réseaux sociaux et internet sont pareillement ancrés dans les habitudes de ces bobos modernes. Sans démarcation politique particulière, leurs idéaux restent la culture alternative et underground. Des jeunes différents, revendiquant ce culte de la différence mais qui vivent tout de même avec leur temps.

 

Quelle place dans la société pour le hispter ?

Le  sociologue Pierre Bourdieu voit dans le hipster une population issue de la classe moyenne la moins aisée bien que beaucoup de « bourgeois frustrés » aient rejoint le mouvement. Souvent issues d’origines hétéroclites, les hispters cultivent la sous-culture toujours dans une idée de différenciation. Une sorte de « vous avez le pouvoir, on a la culture ».

Fils à papa faussement rebelles ou anticapitalistes décidés à rompre avec la culture de masse ? Il est bien difficile de se faire un avis sur ces avatars de la coolitude. Comme illustration de ce flou autour du mouvement, une vidéo ironique qui a fait le buzz  au Royaume-Uni. Les hipsters, parfois détournés en « dickhead » sont ici décryptés. Ironie ou fine analyse ? À vous de juger.

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