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Cultiz.com | May 25, 2013

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EFTERKLANG, DANOIS-TYPE.

EFTERKLANG, DANOIS-TYPE.
Tomas Statius

Après avoir vécu à Copenhague pendant une année, plusieurs constatations me vinrent à l’esprit quant à ce qu’on pourrait appeler un « type danois » (avec les raccourcis et les embuches que ce terme revêt) : outre le goût pour des toilettes de qualité, les habitudes peu saines en terme de boissons, et une contribution singulière au cinéma d’auteur contemporain, le Danemark est un pays où la musique revêt une importance particulière, où les productions de qualité sont légions… A cet égard le questionnement liminaire rebondit et ne se cantonne nullement à une quelconque évaluation de la « qualité esthétique » des danois. Quelle est la représentation commune de la musique locale dans l’esprit de ceux pour qui Copenhague et ses rues bruyantes ne sont présentes qu’à l’état de fantasme ?  Comment pourrait-on qualifier ce « Type Danois » ? La réponse se dérobait jusqu’à la fulgurance d’un ami qui me confia que pour lui la musique danoise et/ou scandinave se résumait à la formule suivante: un groupe de filles, des coupes de cheveux improbables, et des compositions dont l’expérimentalisme ferait pâlir le non initié.

En y repensant, et avec le recul d’une année passée en France et en Navarre, peu de groupes me semblent représenter aussi bien ce qu’est le Danemark musicalement qu’Efterklang. Un groupe dont la qualité et l’étrangeté des productions l’avaient rendu célèbre de par le monde. Un groupe dont le tournant pop avait été mal vécu par ses afficionados  il y a deux ans de cela. Rétropédalage.

  • EXPERIMENTAL.

Formé autour de cinq musiciens en 2000, Efterklang ne se borne pas aux standards contemporains qui voudraient qu’un album se conçoive en studios ou face à un ordinateur. Au contraire, les membres du groupe sont à la recherche constante de nouvelles couleurs sonores pour enrichir leur récit emprunt de mélancolie et nourrir leur création de sons minéraux et organiques bien réels.  Trois albums plus loin, la source ne semble pas se tarir.  Les aériens « Tripper » et « Parades » ont fait la part belle à l’abstraction, à une composition décousue. « Magic Chairs » datant de 2010, plus  accessible dira-t-on, a comblé un public de moins en moins confidentiel tandis que « Piramida », le nouvel album du groupe est annoncé pour septembre.

  • HARMONIE.

travers ces expériences sonores c’est bien de la quête d’une nouvelle grammaire musicale dont il s’agit. Et à cet égard l’orchestration des créations du groupe est un point à ne pas oublier. Instruments à vents, numériques, à cordes, ou samples récupérés sur le terrain, Casper Clausen, Mads Christian Brauer, Rasmus Stolberg, les trois membres principaux semblent chercher un absolu et ce par tous les moyens.

  • EQUILIBRE.

Un assemblage de sons hétéroclites certes mais également une forme originale pour les retranscrire en live que ce soit avec un orchestre symphonique comme récemment à Sidney ou par des compositions cinématographico-musicales comme avec le film « The Island » en partenariat avec le réalisateur français Vincent Moon. Un absolu artistique certes mais ici expérimentalisme ne rime jamais avec hermétisme.

Pour tout ça Efterklang, c’est un peu le Danemark : non pas des filles mais des garçons plutôt dans le vent qui entre ville et campagne, armés de micro et de chemises à carreaux boutonnées jusqu’au cou, bravent l’hiver mordant pour s’écarter des sentiers battues de la création.  Et quand j’écoute, et quand j’y repense, pour plagier l’autre, je souris.

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