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Cultiz.com | May 22, 2013

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Lorn : Ténèbres & Sentiments.

Lorn : Ténèbres & Sentiments.
Jack Coldsweat

« Notre site prend un peu la poussière ces derniers temps, c’est normal, l’été arrive, les étudiants sont en vacances, les jupes se raccourcissent, on a forcement la tête ailleurs.

Suite au retour de son road trip dans l’hémisphère Sud de notre bien aimée PKD, vous aurez je l’espère de nouveaux articles fréquents tout au long de l’été.
Pour ma part je voulais faire un article hip-hop/rap (y’a quelques sorties à chroniquer) mais les derniers délires de Skyrock à notre égard m’ont un peu refroidi. Ce sera pour plus tard. »

Du coup me revoilà plongé dans la musique électronique avec la sortie du dernier opus d’un artiste plus qu’underground : Lorn.
Ce n’est pas pour me la jouer genre « tu connais pas Lorn? » mais oui, tu connais probablement pas. Du coup je te fais la présentation rafale de l’homme.

Coté carte d’identité et curriculum vitae, Lorn est un amerloque de 25 ans originaire de l’Illinois, il a sorti son premier album « Nothing Else » sur Brainfeeder (QG du grand Flying Lotus), et s’est fait les dents avec l’illustre Amon Tobin lors de ses multiples mappings de « Isam« .
Il vient récemment de signer sur un autre label tout aussi surpuissant : Ninja Tune. Oui, l’homme est talentueux.

Coté sentimentalisme, la personnalité de Marcos Ortega (vous aurez deviné que c’est son véritable nom) est assez ténébreuse.
Lorn est un torturé. Lorn est suicidaire. Lorn nage dans un spleen nauséabond. Lorn est noir. Lorn est limite gothique.

Ca annonce plutot le délire. Mais Lorn est abusivement fort et talentueux. Normal qu’il s’entoure donc des plus célèbres (Amon Tobin, Eksmo ou encore Flying Lotus) du monde de l’abstract hip-hop.
Oui, Lorn c’est d’abord du hip-hop. Enfin du moins des beats qui pourraient y faire penser, dans leurs constructions rythmiques uniquement.

« Ask The Dust » est donc son second album.
Tous les ingrédients du premier album sont présents, avec un peu plus de douceur (et encore le mot est inadapté). Les mélodies sont plus recherchés (déjà que !), les percussions un peu moins cinglantes, mais les basses sont toujours aussi dévastatrices, toujours aussi lourdes, violentes et dark.
Le désespoir de l’artiste se fait autant ressentir que dans son premier album, à croire que l’homme ne s’est pas apaisé.
La construction de l’album est identique, 12 tracks, un voyage intense dans la psychologie du monsieur, deux ans après Nothing Else, Lorn n’en a pas finit du mal être, de la persécution, de la tristesse et du malheur.
Le pire étant que l’artiste ne s’invente rien, à croire que sa vie sera funeste jusqu’à la fin. (la preuve sur cette trés bonne ITW du site SSS).
Bref vous l’aurez compris, pas besoin d’extrapoler, plongez la tête la première dans cet album, prenez des claques tout aussi fortes les unes que les autres à chaque track, et explorez « Ask The Dust » (et « Nothing Else »!) comme vous exploreriez un hôpital psychiatrique désaffecté.

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