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Cultiz.com | June 20, 2013

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Malviviendos : la web-série des indignés

Malviviendos : la web-série des indignés
Guilhem Fnys

Malviviendos, la web-série espagnole qui marche et qui reste sur le web. Le tumulte provoqué par les indignés en Espagne durant l’année passée a révélé une jeunesse espagnole diplômée mais frustrée. Pas d’avenir, pas d’emploi et que peu d’espoir. Malviviendos transforme la réalité en web-série, avec au bout un franc succès que ces indignés ne doivent qu’à leur talent allié à beaucoup d’originalité.

La série se passe à Séville, au sud de l’Espagne. C’est la crise et pour les jeunes, la crise signifie pas de boulot, pas de revenus et beaucoup de galères. Malviviendos décrit donc comment ces quatre jeunes sévillans Negro, Zurdo, Kaki et Postilla, usent de leur imagination afin de contourner « la fin du monde », enfin la crise quoi!

Dès le premier épisode (dont le budget avoisine les…40 euros !), l’atmosphère de Malviviendos transpire la curiosité par sa réalisation moderne. Les réalisateurs jouent avec celle-ci et détournent à chaque épisode leurs historiettes sur un registre sitcom à l’américaine ou à l’eau de rose. Beaucoup de séries y ont ainsi été parodiées, de How I Met Your Mother à Lost, en passant par les Sopranos ou encore Dexter. Une bonne dose de second degré pour un pari osé qui fonctionne.

Une jeunesse décomplexée qui fait rire l’Espagne pendant que ses jeunes brandissent leur frustration. C’est l’une des forces de la série qui parvient à faire rire à propos d’un sujet qui pourtant touche une grande partie de la jeunesse espagnole. En effet en 2011, le taux de chômage des moins de 25 ans était de 42,8%, celui des moins de 20 ans, de 60% en Espagne. Pas de quoi rire au début et pourtant…

Les quatre personnages de la série ne décrivent pas forcément tous les indignés. Les personnages ont des caractères bien déterminés. C’est cette jeunesse qui fume des joints, celle qui utilise le langage de la rue, du monde de la galère ; la jeunesse poussée à changer les stratégies et les codes afin d’user de tout moyen pour s’offrir une vie digne de ce nom. Tout un monde que les auteurs de Malviviendos reproduisent sur ton d’humour et que la télé espagnole tente de s’arracher après le succès que la série engendre sur le net.

Pour les producteurs et acteurs, tous non professionnels, cela ne fait aucun doute : le transfert de Malviviendos sur format télé tuerait la série. Malviviendos censuré au format télé n’aurait sûrement plus le goût d’une série qui marque par son audace et sa franche dérision. Hors de question donc de vendre le concept et de détourner la base de ce succès.

 Un succès « enchanté » pour ceux qui parviennent à faire rire d’un sujet qui fâche. C’est d’ailleurs l’esprit de base de la série comme en témoigne la définition qu’ont pu en donner ses auteurs, « rire de la crise qu’on nous vend comme la fin du monde ». C’est réussi.

« Me dicen negro », premier épisode de la première saison de Malviviendos. (Chauffez-vous pour l’espagnol « de puta madre »)

 

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