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Cultiz.com | May 22, 2013

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Un commentaire

Rencontre avec Guizmo : rap à inspiration brute, option fort goût de houblon

Rencontre avec Guizmo : rap à inspiration brute, option fort goût de houblon
RémiL
  • On 4 juillet 2012
  • http://hhbrokmyheart.tumblr.com/

Il y a quelques semaines, on a eu la chance de rencontrer le charismatique Guizmo chez Spotify. Ex-Entouragien, actuel boulimique de studio, le rappeur du 92 s’est posé le temps d’une interview sur le rebord d’une fenêtre avec nous, sa Heineken fétiche à la main.

Rencontre!

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Salut Guizmo. Première chose, on voit que tu sors des projets à une vitesse incroyable. On voit aussi peu de collaborations passer. Des news de ce côté-là ?

On envisage, on en discute. Je ne peux pas trop en dire encore mais de grosses collaborations arrivent.

Après plus de 20 ans de rap français, on assiste aujourd’hui à un certain retour vers le hip hop originel en parallèle de l’ouverture musicale vers d’autres genres. Toi qui revendique un rap très brut, tu tends vers cette ouverture ?

Moi je suis dans le rap. Maintenant selon les personnes avec qui je suis amené à travailler, je peux très bien faire quelque chose d’un peu différent, d’aller vers de nouveaux horizons en m’adaptant à ma façon. Il y a quelques années j’étais encore très fermé musicalement parlant, mais j’ai appris à écouter, à aimer de nouvelles choses.

J’essaie de m’ouvrir en permanence, explorer des univers musicaux différents, pour évoluer dans mon son, mais aussi dans ma vie. Tout cela m’aide à repousser mes vices : l’alcool, les filles…

Sexion D’Assaut qui s’ouvre pour conquérir un public plus large, c’est quelque chose que tu pourrais faire ?

T’es sûr qu’ils s’ouvrent pour avoir un public plus large ? Je ne suis pas sûr que ça soit vraiment leur logique au fond.

Disons qu’en tout cas, ça leur permet de conquérir un public que leurs sons d’avant ne touchaient pas forcément.

Exactement. S’ils le faisaient dans le seul but de mieux vendre, ça ne fonctionnerait pas. Je pense que c’est naturel, avec Maître Gims qui aime chanter, et le groupe de manière générale qui aime s’ambiancer. Ils se prennent pas la tête, font les sons qu’ils aiment. Ils prennent autant de plaisir que les gens à les écouter, c’est l’essentiel je pense. Effectivement ça plait à beaucoup de monde.

Moi de mon côté je fais aussi la musique que j’aime, une fois qu’elle sort je n’en suis plus maître, le public la reçoit comme il veut. Mais c’est clair que je ne travestirai pas mon son. Je pense avoir des influences assez différentes d’une partie du game avec des sonorités jazzy… Ça m’aide pas mal à composer, et ça doit plaire aux gens quelque part.

J’allais y venir, dans Le Premier Chagrin Du Jour, tu reprends un sample de variété française. J’ai été assez étonné à la première écoute, avec ce gros contraste couplet refrain. La chanson française, c’était une grosse influence dans ta jeunesse ?

Pas vraiment, et pour te dire, j’ai enregistré le son avant même de découvrir le sample de base. Mais la chanson française, c’est quelque chose que je respecte profondément. Quelqu’un comme Charles Aznavour, c’est un grand Monsieur, il y a du chemin avant d’arriver à son niveau de reconnaissance.

Aznavour dont le sample avait été repris magistralement par Dr Dre d’ailleurs, on parlait d’ouverture, on est dans un grand écart musical total très efficace.

Parfaitement ! Sur 2001 avec What’s The Difference !

J’ai lu dans une précédente interview (Source ABCDR Du Son) que ton premier choc rapologique était Changes de Tupac. En termes d’album, quel a été le premier opus que tu as vraiment décrassé, qui t’a marqué dans son ensemble ?

C’est arrivé bien plus tard, parce que j’ai longtemps écouté du rap avec parcimonie, au coup de cœur, son par son. C’est mon frère qui m’a initié au hip hop. Il était très doué mais se fichait pas mal du Game, contrairement à moi. Le premier album donc, je pense que c’est Scarlatitude de Nubi. Il m’a beaucoup influencé par sa parfaite maîtrise du fond et de la forme. Cette façon d’écrire en multi-syllabique, c’est aussi comme ça  que je compose, de manière mathématique, avec l’objectif permanent d’un placement parfait. Dans le même registre, je pense aussi à Salif qui fait pour moi partie des meilleurs.

2011 a été une belle année pour le rap français, comme un renouveau avec de nouveaux artistes qui ont émergé dont tu fais partie. Comment tu vis avec cette notoriété soudaine ? Qu’est-ce qui a changé dans ta vie quotidienne ?

Tu sais, il y a quelque chose de marquant avec la notoriété. Certains vieux potes, vieilles connaissances, ont tendance à penser que je suis devenu très riche. Ils m’ont lâché en pensant que je vivais sur une autre planète. Bien sûr que ma vie a changé, mais pas foncièrement celui que je suis au fond. Et puis de toute façon, avant de vouloir monter dans mon wagon, il faudrait déjà que de mon côté je sois sur les rails. Et ça, ça prend du temps.

En live aussi, les salles s’agrandissent, le public s’élargit. Qu’est-ce qui change concrètement dans ta manière de les aborder ?

Là-aussi, j’essaye de m’ouvrir. Je tourne toujours pas mal sur Paname et je teste de nouvelles choses comme il y a quelques semaines avec des musiciens qui reprenaient les instrumentales derrière moi. C’était un beau moment.

La scène, ça reste le meilleur. Je suis programmé une heure et j’y reste trois. C’est toujours un sacré bordel.

On est chez Spotify aujourd’hui pour une session live et une rencontre avec tes fans. Concernant le téléchargement illégal, comment tu te positionnes en tant qu’artiste que tu es devenu ?

Je crois que je m’en fous. Enfin, pas vraiment mais il faut comprendre quelque chose : je ne peux pas en vouloir à un mec qui a faim d’aller se servir dans un supermarché. Pour la musique, c’est pareil, beaucoup de gens ont un besoin viscéral de musique. Comment veux-tu leur en vouloir ? La musique remonte le moral, elle est universelle, on ne peut pas empêcher les gens d’éprouver le besoin d’en écouter.

Alors évidemment, en tant qu’artiste, je me réjouis que la légalité reprenne du terrain. Mais je ne serai pas le connard qui tape sur les mecs qui téléchargent sans payer. C’est inévitable et humain.

Surtout que ce mec là, il y a toujours un espoir qu’il te découvre, apprécie et se rende à tes concerts…

Exactement. Ma mère m’a toujours dit quelque chose d’intéressant : « cela ne sert à rien de gratter 100 pour perdre 1 000 ». Ça veut dire que ce n’est pas la peine d’en vouloir toujours plus. Je fais de la musique, le reste n’est pas vraiment mon job.

Sujet plus léger, t’es encore avec une Heineken à la main. Qu’est-ce que t’as avec cette bière là ? T’en as même fait des tee-shirts !

C’est elle qui m’a rendu alcoolique. Je l’aime bien tout simplement. J’ai essayé les autres, les Despe, 1664… Mais c’est elle que j’aime ! J’y suis habitué.

Sur le rap outre-Atlantique, qu’est-ce que t’écoutes en ce moment ?

Rick Ross pas mal. Sinon Tyga qui tourne dans ma caisse ces jours-ci !

Son du moment ?

Rick Ross toujours! Love My Bitches

Film du moment?

Opération Espadon!

Pour finir, un slogan pour Cultiz ?

C’est Guizmo pour Cultiz, pour tous mes gremlins pas biens quand il n’y a plus de tize !

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Merci à Aurélie et toute l’équipe de Spotify!

 

Commentaires

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Commentaires

  1. maxdu44

    super interview

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